Edition spéciale ISTH 2026
Annual congress of International Society on Thrombosis and Haemostasis
Du 11 au 15 juillet 2026, Paris
Avec le soutien institutionnel
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D’après la communication orale de A.Wolberg «From control to chaos: Mechanisms shaping venous thromboembolism » (PL03.1). Congrès ISTH 2026, 11-15 Juillet, Paris
Adeline Pontis, Rennes
Cette communication en séance plénière a été réalisée par le Pr Alisa Wolberg, qui s’est attachée à illustrer toute la beauté et la complexité des mécanismes conduisant à la thrombose veineuse, avec une approche originale et parfaitement exposée partant du fait que les hématies et la fibrine sont des constituants majeurs des thrombi veineux.
En guise d’introduction, le Pr Wolberg a rappelé qu’un thrombus veineux est constitué en très grande majorité de fibrine et d’hématies, et a détaillé les mécanismes qui sous-tendent les interactions entre ces deux éléments.
Une question essentielle est de savoir si limiter l’accumulation de fibrine est un objectif à atteindre afin de contrôler la formation d’un thrombus ? En faveur de cette hypothèse, il a été démontré qu’une altération de la fibrinolyse est associée à un risque majoré d’évènements thrombotiques. D’autre part, l’acide tranexamique inhibe l’action de la plasmine, effet expliquant ses propriétés antihémorragiques. Dans ce contexte, le Pr Wolberg et son équipe ont discuté la question controversée de l’effet inhibiteur de la plasmine sur la thrombose veineuse. Cependant, plusieurs arguments ne sont pas en faveur de cette hypothèse : les évènements thromboemboliques veineux (ETEV) ne sont pas plus fréquents chez les patients ayant un déficit quantitatif en plasminogène, la composition des thrombi est inchangée chez les souris déficientes en plasminogène, les bases génétiques (GWAS) et protéomiques (UKbiobank), montrent que les taux de plasminogène ne sont pas associés aux ETEV, et enfin les essais cliniques évaluant des traitement inhibant la fibrinolyse ne montrent pas d’augmentation des ETEV. Par conséquent, la plasmine ne semble pas nécessaire pour prévenir la thrombose veineuse, et des études sont en cours afin de savoir si d’autres mécanismes biologiques exercent un effet protecteur.
La présentation s’est alors focalisée sur les constituants du thrombus, et notamment le fibrinogène et les hématies. Le fibrinogène est une protéine inflammatoire qui, alors qu’elle est déjà présente à une forte concentration en situation basale, augmente fortement en cas d’inflammation, bien que les mécanismes sous-jacents soient encore largement méconnus. Le fibrinogène polymérise ensuite en fibrine selon un processus bien connu, dépendant de la thrombine.
Il a été montré que cette polymérisation du fibrinogène et des polymères de fibrine est essentielle à la formation d’un thrombus stable. Par ailleurs, d’autres études ont mis en évidence qu’une augmentation de la prothrombine était associée à une majoration du risque thrombotique veineux, car d’un point de vue structurel, elle impacte la densité du réseau de fibrine ainsi que sa masse, via une génération accrue de thrombine, et favorise la formation d’un réseau de fibrine plus dense avec des fibres plus fines. Cependant, ces effets de la thrombine ne suffisent pas à expliquer cette augmentation de densité du réseau de fibrine, favorisée aussi par la présence d’hématies au sein du thrombus. C’est ici qu’intervient le facteur XIII, responsable bien connu de la formation de liaisons covalentes dans le caillot de fibrine, améliorant alors sa stabilité et sa résistance à la fibrinolyse. Le facteur XIII joue également un rôle majeur en facilitant la présence d’hématies au sein des thrombi veineux hémostatiques, leur nombre étant corrélé à la masse de ces derniers. En effet, le facteur XIII, via sa chaîne α, augmente la rigidité de la fibrine, la rendant ainsi moins déformable, avec un réseau de fibrine plus dense, limitant l’expulsion des hématies lors de la contraction plaquettaire et favorisant donc leur rétention au sein du thrombus.
Et le chaos ? Ce dernier n’est pas nécessairement péjoratif, et peut même être souhaitable dans un but thérapeutique, car perturber ces mécanismes parfaitement intriqués peut induire un bénéfice antithrombotique. Ainsi, cette séduisante démonstration du rôle de la fibrine, des hématies et du facteur XIII dans la formation de thrombi veineux, suggère l’idée qu’inhiber le facteur XIII apparait comme étant une piste thérapeutique potentielle. Une inhibition du facteur XIII pourrait non seulement résulter de stratégies visant à diminuer son taux plasmatique, mais aussi à contrôler son activation, avec un effet bénéfique sur la formation du thrombus, la stabilité et la taille de celui-ci, de façon à le rendre asymptomatique.
Attention : ceci est un compte-rendu et/ou résumé des communications de congrès dont l’objectif est de fournir des informations sur l’état actuel de la recherche ; ainsi, les données présentées sont susceptibles de ne pas être validées par les autorités françaises et ne doivent donc pas être mises en pratique.
Ce compte-rendu a été réalisé sous la seule responsabilité du coordinateur, des auteurs et du directeur de la publication qui sont garants de l’objectivité de cette publication.

