Edition spéciale ISTH 2026
Annual congress of International Society on Thrombosis and Haemostasis
Du 11 au 15 juillet 2026, Paris
Avec le soutien institutionnel
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D’après les communications orales de :
- Q. Van Thillo « Sutacimig Prophylaxis in Glanzmann Thrombasthenia: Results from a Phase 2 Long-Term Extension » (OC57.3)
- M. Zivkovic « Elucidating Sutacimig’s Dual Mechanism in Factor VII Deficiency: TF-Pathway Enhancement via FVIIa Accumulation as the Significant Driver of Hemostatic Activity » (OC12.4)
Congrès ISTH 2026, 11-15 Juillet, Paris
Jérôme Rollin, Tours
Le Dr Quentin Van Thillo a présenté les résultats d’une étude de phase II évaluant le sutacimig, un anticorps bispécifique conçu pour potentialiser l’action du facteur VIIa endogène chez des patients avec une thrombasthénie de Glanzmann. Le sutacimig est un anticorps bi-spécifique qui se fixe simultanément au facteur VII/VIIa endogène et au récepteur plaquettaire TLT-1, exprimé uniquement par les plaquettes activées. Cette double spécificité prolonge la demi-vie du facteur VIIa circulant tout en le concentrant au niveau des plaquettes activées, favorisant ainsi une production locale de thrombine et la formation de fibrine sans perturber les fonctions physiologiques du facteur VII ni l’activation plaquettaire.
Trente-quatre patients thrombasthéniques ont reçu 3 doses différentes (0,3 ; 0,6 ; and 0,9 mg/Kg) de sutacimig pendant douze semaines, avec une extension de suivi permettant une durée médiane de traitement de presque sept mois. Globalement, le traitement a réduit de 47 % le taux annualisé des hémorragies nécessitant un traitement. Le schéma hebdomadaire de 0,3 mg/kg s’est distingué par une réduction de 84 % des épisodes hémorragiques, près d’un tiers des patients ne présentant plus aucun saignement traité. Les hémorragies nécessitant des traitements intensifs, notamment le recours au facteur VIIa recombinant ou des transfusions plaquettaires, ont diminué de 62 %. Les quelques interventions chirurgicales réalisées au cours de l’étude ont été contrôlées avec des besoins très limités en traitements hémostatiques.
Le profil de sécurité apparaît globalement favorable. Aucun effet indésirable grave lié au traitement n’a été rapporté. Trois événements thromboemboliques veineux sont toutefois survenus chez des patients recevant les doses les plus élevées et présentant des facteurs de risque associés. Des anticorps anti-médicament (ADA) ont aussi été détectés chez six patients, sans impact sur la pharmacocinétique, la pharmacodynamie ou l’efficacité du sutacimig. À partir des données pharmacocinétiques et pharmacodynamiques, les investigateurs ont retenu une dose hebdomadaire de 0,2 mg/kg afin d’optimiser le rapport bénéfice-risque qui sera évalué lors d’un essai de phase III.
Le même anticorps a également été évalué dans le déficit congénital en facteur VII. Des travaux précliniques présentés par le Dr Minka Zivkovic ont montré que sa capacité de liaison à l’antigène était préservée avec la grande majorité des variants pathogènes du facteur VII. En se liant au facteur VII/VIIa, le sutacimig forme un complexe dont la demi-vie est prolongée grâce au recyclage médié par le récepteur néonatal Fc (FcRn), favorisant ainsi l’accumulation du facteur VII circulant. Dans un modèle de primates non humains avec un déficit en facteur VII, le sutacimig a permis de multiplier par quatre les concentrations circulantes de facteur VII et par seize celles de facteur VIIa. Les mesures de génération de thrombine ont confirmé que cet effet sur les concentrations de FVII/VIIa permet de normaliser presque complètement la coagulation, le ciblage des plaquettes via TLT-1 n’apportant qu’un bénéfice additionnel plus modeste.
Ces résultats suggèrent que le principal mécanisme d’action du sutacimig repose sur l’accumulation et la stabilisation du facteur VII/VIIa endogène, tandis que son adressage aux plaquettes activées renforce l’efficacité hémostatique aux sites de lésions vasculaires. En démontrant son intérêt dans deux pathologies hémorragiques distinctes, le sutacimig pourrait inaugurer une nouvelle génération de traitements prophylactiques fondés sur l’optimisation ciblée de la coagulation plutôt que sur l’apport de facteurs déficients.
Attention : ceci est un compte-rendu et/ou résumé des communications de congrès dont l’objectif est de fournir des informations sur l’état actuel de la recherche ; ainsi, les données présentées sont susceptibles de ne pas être validées par les autorités françaises et ne doivent donc pas être mises en pratique.
Ce compte-rendu a été réalisé sous la seule responsabilité du coordinateur, des auteurs et du directeur de la publication qui sont garants de l’objectivité de cette publication.

