Edition spéciale ISTH 2026
Annual congress of International Society on Thrombosis and Haemostasis
Du 11 au 15 juillet 2026, Paris
Avec le soutien institutionnel
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D’après la communication orale de D. Samat « Long-Term Outcomes in Pregnancy-Associated Venous Thromboembolism » (OC74.2). Congrès ISTH 2026, 11-15 Juillet, Paris
Alexandre Guy, Bordeaux
Au décours d’une maladie thrombo-embolique veineuse (MTEV) liée à la grossesse, il est généralement admis que le risque de récidive est plus faible qu’après une MTEV non provoquée, justifiant généralement une anticoagulation transitoire de trois à six mois. Cependant, plusieurs études, et notamment celle menée par l’équipe marseillaise (Ibrahim-Kosta et al.), ont démontré que ce risque persistait en fait plusieurs années après l’événement index, avec une récidive chez environ 5 % des patientes à deux ans, et chez 15 à 20 % d’entre elles à dix ans.
L’objectif de cette étude était de d’évaluer 10 ans après une MTEV liée à la grossesse (cas) le risque de récidive thrombo-embolique et la mortalité quelle qu’en soit la cause, comparativement à un groupe de femmes avec une MTEV non liée à la grossesse (controles).
Les auteurs ont réalisé une analyse rétrospective via le réseau collaboratif TriNetX (États-Unis). Deux cohortes avec chacune 3100 patientes ont été constituées et équilibrées à l’aide d’un score de propension prenant en compte les caractéristiques démographiques, les comorbidités, les traitements, les facteurs de thrombophilie et les antécédents thromboemboliques veineux.
Les résultats montrent une récidive de MTEV chez 27,8 % des patientes du groupe « MTEV liée à la grossesse » contre 31,2 % dans le groupe « MTEV non liée à la grossesse », correspondant à une réduction significative du risque de récidive chez les patientes ayant présenté une MTEV liée à la grossesse (HR = 0,86 IC 95% : 0,78-0,84). La mortalité toutes causes était également plus faible dans la cohorte MTEV liée à la grossesse (1,4 %) comparativement à celle du groupe MTEV non liée à la grossesse (4 %).
Ces résultats suggèrent que le risque de récidive est plus faible en cas de MTEV associée à la grossesse comparativement à celui de patientes controles. Cependant, le taux de récidive de 28 % à dix ans reste élevé, suggérant la nécessité de définir les modalités d’une prévention secondaire chez ces patientes en tenant compte non seulement du contexte de grossesse, mais également d’autres facteurs de risque tels que l’IMC, la présence d’une thrombophilie et les projets de grossesse future (d’autant qu’il est à noter que les résultats issus d’une autre étude montrent que les récidives surviennent dans 35% des cas lors de grossesses ultérieures). Bien que cette étude repose sur des données observationnelles nécessitant une validation prospective, les auteurs préconisent de classifier le contexte gestationnel comme un facteur de risque « intermédiaire » situées entre les MTEV provoquées par des facteurs de risque majeurs (risque de récidive d’environ 15 % à cinq ans) et les MTEV non provoquées (risque de récidive d’environ 36 % à dix ans).
Attention : ceci est un compte-rendu et/ou résumé des communications de congrès dont l’objectif est de fournir des informations sur l’état actuel de la recherche ; ainsi, les données présentées sont susceptibles de ne pas être validées par les autorités françaises et ne doivent donc pas être mises en pratique.
Ce compte-rendu a été réalisé sous la seule responsabilité du coordinateur, des auteurs et du directeur de la publication qui sont garants de l’objectivité de cette publication.

