Edition spéciale ISTH 2026
Annual congress of International Society on Thrombosis and Haemostasis
Du 11 au 15 juillet 2026, Paris
Avec le soutien institutionnel
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D’après la communication orale de S. Mohsenian « Genotype and phenotype characterization of patients with factor X deficiency » (0C46.3). Congrès ISTH 2026, 11-15 Juillet, Paris
Alexandre Guy, Bordeaux
Cette communication orale portait sur la caractérisation génotypique et phénotypique des patients atteints d’un déficit constitutionnel en facteur X. La présentatrice a exposé les données issues de la plus grande cohorte constituée à ce jour, regroupant 169 patients. Pour rappel, le déficit en facteur X est une anomalie rare, avec une prévalence d’environ un cas pour un million, et dont la transmission est autosomique récessive. La corrélation entre le phénotype et le génotype de cette pathologie reste très peu connue.
Le but de cette étude était donc de caractériser cette population sur les plans clinique, biologique et génétique, et d’évaluer la corrélation entre les taux de facteur X et la sévérité du phénotype hémorragique.
Le phénotype clinique a été classé en quatre stades : asymptomatique, grade I (pour les saignements survenant après un traumatisme), grade II (pour les saignements spontanés), et grade III (pour les saignements spontanés majeurs).
Sur le plan biologique, les déficits en facteur X ont été stratifiés en déficit léger (> 40 %), modéré (10 % – 40 %) et sévère (< 10 %).
Les résultats cliniques montrent un phénotype hémorragique dominé par des ménorragies chez 57 % des patientes, suivies par la survenue d’épistaxis, d’hématomes et d’ecchymoses. Les saignements étaient de grade II dans 24 % des cas et de grade III dans 52 % des cas.
Concernant les corrélations clinico-biologiques, les auteurs mettent en évidence une association significative entre le taux de facteur X et le phénotype clinique. Ainsi, une augmentation de 1 % du taux de facteur X est associée à une hausse de 10 % de la probabilité d’avoir un phénotype moins sévère. Il existe par ailleurs une corrélation directe entre le taux de facteur X et le score de saignement. De manière extrêmement intéressante, l’étude propose des seuils cliniques prédictifs : en dessous de 10,5 %, le risque de saignement majeur est élevé, tandis qu’au-dessus de 21 %, les patients sont généralement asymptomatiques.
Sur le plan génotypique, 40 variants ont été identifiés, dont sept préalablement non décrits. Les variants faux-sens étaient les plus fréquents, touchant principalement le domaine catalytique (51 % des cas). Les modélisations in silico réalisées ont confirmé que ces variants sont probablement pathogènes. De manière attendue, la corrélation génotype-phénotype montre que la présence d’une homozygotie est associée à un taux de facteur X plus bas et à des saignements plus graves.
En conclusion, cette étude, réalisée chez un grand nombre de patients, permet de mieux apprécier le phénotype clinique de ces patients et d’obtenir des données de corrélation précises entre le génotype, le dosage biologique du facteur X, et le phénotype clinique.
Attention : ceci est un compte-rendu et/ou résumé des communications de congrès dont l’objectif est de fournir des informations sur l’état actuel de la recherche ; ainsi, les données présentées sont susceptibles de ne pas être validées par les autorités françaises et ne doivent donc pas être mises en pratique.
Ce compte-rendu a été réalisé sous la seule responsabilité du coordinateur, des auteurs et du directeur de la publication qui sont garants de l’objectivité de cette publication.

