Edition spéciale ISTH 2026
Annual congress of International Society on Thrombosis and Haemostasis
Du 11 au 15 juillet 2026, Paris
Avec le soutien institutionnel
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D’après la communication orale de I. Mahé « Recurrent venous thromboembolism during extended apixaban therapy for cancer-associated thrombosis: clinical presentation and short-term outcomes. Insights from the API-CAT proepective randomised double-blind trial » (OC41.1) Congrès ISTH 2026, 11-15 Juillet, Paris.
Adeline Pontis, Rennes
L’étude API-CAT (Mahé et al., NEJM, 2025) a montré que, chez les patients atteints d’un cancer actif et traités pour un évènement thrombo-embolique veineux, la dose réduite d’apixaban (2,5 mg x2/j), après au moins 6 mois de traitement à dose pleine, était non inférieure à la dose pleine pour la réduction des récidives et s’accompagnait d’une diminution de 25% des saignements cliniquement pertinents. Il y a eu au total dans cette étude 42 récidives (dont 18 sous dose réduite (2,1%) et 24 sous dose pleine (2,8%)), ce qui représente des échecs thérapeutiques et un enjeu clinique majeur.
Les auteurs ont donc réalisé cette étude exploratoire post-hoc sur les récidives, afin d’en décrire les présentations et les issues cliniques, et d’identifier les facteurs prédictifs. L’incidence cumulative sur 12 mois des récidives était globalement faible, de 2,5%. Parmi les caractéristiques générales, les patients ayant présenté une récidive avaient plus d’antécédents d’évènements thromboemboliques veineux que les patients n’ayant pas présenté de récidive (31% contre 18%). Parmi les sites de cancer, on retrouve particulièrement les poumons (23,8% contre 11%), le colon-rectum (21,4% contre 15,1%) et le tractus gastrointestinal (21,4% contre 8,3%). En revanche, il n’existe pas de différence selon le stade du cancer, suggérant que le risque de récidive pourrait être davantage lié au type de cancer qu’à son extension.
La présentation clinique initiale joue un rôle, les récidives étant majoritairement représentées par des embolies pulmonaires et des thromboses veineuses profondes. Fait intéressant, les évènements de découverte fortuite, qui représentaient 30% des évènements thrombotiques initiaux, étaient associés à un nombre relativement important de récidives (4%), principalement des embolies pulmonaires. Ces résultats suggèrent de bien traiter ces incidentalomes comme des évènements d’expression clinique pertinente.
Les récidives sont de mauvais pronostic, avec presque 55% de décès, ces derniers se produisant précocement (délai médian de 24 jours) par rapport à l’évènement récidivant. Ces résultats peuvent suggérer que la récidive traduit davantage une évolution du cancer vers un phénotype plus agressif et/ou une détérioration clinique, plutôt qu’un échec de la thérapeutique.
Ces résultats apportent des éléments de compréhension concernant les récidives thromboemboliques survenant sous traitement chez les patients atteints d’un cancer actif. Il s’agit d’évènements rares mais de très mauvais pronostic, survenant préférentiellement dans certains types de cancers et pouvant témoigner de cancers devenant davantage agressifs voire suggérer qu’ils nécessitent une intensification thérapeutique. Ces résultats doivent cependant être interprétés avec prudence compte tenu du faible nombre de récidives observées (n = 42), limitant la puissance des analyses.
Attention : ceci est un compte-rendu et/ou résumé des communications de congrès dont l’objectif est de fournir des informations sur l’état actuel de la recherche ; ainsi, les données présentées sont susceptibles de ne pas être validées par les autorités françaises et ne doivent donc pas être mises en pratique.
Ce compte-rendu a été réalisé sous la seule responsabilité du coordinateur, des auteurs et du directeur de la publication qui sont garants de l’objectivité de cette publication.

