Edition spéciale ISTH 2026
Annual congress of International Society on Thrombosis and Haemostasis
Du 11 au 15 juillet 2026, Paris
Avec le soutien institutionnel
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D’après la communication orale de D. Lillicrap « VWD – 100 years of science: What’s new after a century of investigations » (PL04.1). Congrès ISTH 2026, 11-15 Juillet, Paris
Adeline Pontis, Rennes
La dernière plénière et ultime session de l’ISTH 2026 présentée par le Pr David Lillicrap (Canada) a mis à l’honneur le facteur von Willebrand (VWF), à l’occasion du centenaire de sa découverte. Cette dernière remonte en effet à 1926 lorsque Erik von Willebrand, médecin finlandais, a décrit pour la première fois cette pathologie à partir de l’observation clinique d’une jeune fille sévèrement atteinte de sa famille. La maladie de Willebrand (MVW) est la pathologie hémorragique héréditaire la plus fréquente, avec une prévalence estimée à 1/1 000, ce qui en fait un sujet d’intérêt majeur ayant motivé de nombreuses recherches depuis près de 100 ans.
David Lillicrap est revenu sur les avancées majeures qui ont marqué la prise en charge de la MVW, notamment la reconnaissance, néanmoins assez tardive, de l’impact des ménorragies sur la qualité de vie des patientes. Le développement de scores d’évaluation clinique standardisés, tels que l’ISTH-BAT, ont largement contribué à l’amélioration de la prise en charge des patients, et notamment du diagnostic clinique et biologique de la maladie et de l’harmonisation des pratiques cliniques.
Le clonage du gène VWF, il y a un peu plus de 40 ans, a marqué un tournant décisif, révélant la complexité notamment physiopathologique de la maladie, et aidant à affiner son diagnostic et sa caractérisation. Cette avancée a également conduit à la découverte d’un pseudogène du VWF, situé sur le chromosome 22, vieux de 25 millions d’années et présentant 97 % d’homologie avec le gène VWF. Par ailleurs, il a également permis de mettre élégamment en évidence que, selon de type de VWD, les mutations peuvent avoir des localisations aléatoires (dans les types 1 et 3), soit très préférentielles (dans les types 2A, 2B, 2M, 2N). D’un point de vue diagnostique, les améliorations des tests de liaison à la GPIbα plaquettaire ont permis d’augmenter la sensibilité et la reproductibilité de nos analyses.
Sur le plan thérapeutique, les avancées ont été plus modestes, notamment en comparaison avec l’hémophilie A. Néanmoins, de nouvelles approches thérapeutiques sont en cours de développement et d’évaluation, avec notamment un anticorps monoclonal dirigé contre la protéine S, un autre ciblant le domaine CK du VWF visant à ralentir sa clairance, ou encore un troisième bispécifique se liant au VWF mais aussi à l’albumine afin d’en prolonger la demi-vie d’élimination. D’autres stratégies, reposant sur l’utilisation de l’emicizumab chez les patients avec déficit sévère en facteur VIII ou de siARN dirigés contre le plasminogène, sont également à l’étude.
Malgré ces progrès, de nombreuses zones d’ombre persistent, en particulier dans les MVW de type 1 et les déficits mineurs. De plus, les rôles du VWF dans l’angiogenèse, l’immunité innée ou la cicatrisation restent encore imparfaitement élucidés. Des travaux très récents ont permis de mettre en lumière l’implication du VWF dans la régulation de l’angiopoïétine 2. En effet, il a été mis en évidence que l’absence de VWF entraine une augmentation de la concentration plasmatique d’angiopoïétine 2 (notamment via un déficit de son stockage dans les corps de Weibel Palade), ce qui est responsable d’une angiogénèse anormale. Ces résultats apportent ainsi un éclairage important sur la physiopathologie des angiodysplasies.
Enfin, le Pr Lillicrap a proposé une hypothèse émergente concernant le propeptide du VWF, qui pourrait posséder des fonctions extracellulaires propres et donc jouer un rôle dans les phases précoces de l’hémostase, comme le suggèrent des données préliminaires.
Un siècle après sa découverte, le VWF continue ainsi de révéler sa complexité. Si des avancées majeures ont transformé le diagnostic et la prise en charge de la MVW, la compréhension fine de sa biologie reste un enjeu clé pour le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques.
Rendez-vous l’année prochaine à Vancouver pour découvrir ces avancées !
Attention : ceci est un compte-rendu et/ou résumé des communications de congrès dont l’objectif est de fournir des informations sur l’état actuel de la recherche ; ainsi, les données présentées sont susceptibles de ne pas être validées par les autorités françaises et ne doivent donc pas être mises en pratique.
Ce compte-rendu a été réalisé sous la seule responsabilité du coordinateur, des auteurs et du directeur de la publication qui sont garants de l’objectivité de cette publication.

