Edition spéciale ISTH 2026
Annual congress of International Society on Thrombosis and Haemostasis
Du 11 au 15 juillet 2026, Paris
Avec le soutien institutionnel
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D’après la communication orale de C. Ducker « Effects of oral anticoagulants on endothelial procoagulant phenotype in response to inflammation » (OC72.1)
Adeline Pontis, Rennes
Les deux grandes familles d’anticoagulants oraux (AVK et anticoagulants oraux directs ou AOD) ont des modes d’action différents et inhibent soit la synthèse sous forme active (AVK) de plusieurs facteurs de la coagulation ou l’activité spécifique de la thrombine ou du Xa (AOD). Tous ces facteurs sont des sérine-protéases, qui clivent des récepteurs de type PAR à la surface des cellules endothéliales, conduisant à leur activation, et à l’expression de facteur tissulaire leur conférant alors un phénotype procoagulant. Par conséquent, puisque leur mode d’action est différent, les AVK et les AOD induisent probablement des effets différents sur les cellules endothéliales.
Pour évaluer cette hypothèse, les auteurs de ce travail ont utilisé un modèle classique de culture cellulaire endothéliale (HUVEC), et mis en évidence qu’au repos, le rivaroxaban et le dabigatran étaient capables en présence de plasma normal de diminuer l’expression, au niveau transcriptomique, du facteur tissulaire et de la protéine VCAM, qui contribue au recrutement endothélial des monocytes, qui expriment fortement le facteur tissulaire en cas d’activation. Quand les cellules endothéliales (CE) sont activées par du TNFa, aucun effet des AOD n’a été objectivé, mais le pic de génération de thrombine était toujours plus faible, quel que soit leur état, au repos ou activées.
La warfarine, quant à elle, n’induisait aucune modification de l’expression (transcriptomique et protéique) de facteur tissulaire ou de VCAM, que les CE soient activées ou non et la génération de thrombine n’était également pas altérée dans les conditions expérimentales utilisées par les auteurs de ce travail.
Cette étude suggère donc que les AOD, mais non les AVK, sont capables au niveau endothélial de diminuer l’expression, voire l’effet procoagulant du facteur tissulaire. Toutefois, les AVK sont efficaces et recommandés seuls en cas de SAPL triple positif, pathologie au cours de laquelle la thromboinflammation (et donc a priori le facteur tissulaire) joue un rôle déterminant. Les auteurs évoquent d’autres mécanismes et ils suggèrent un rôle de Gas6, autre protéine vitamine K-dépendante, sont impliqués dans la thromboinflammation. Néanmoins, ces résultats obtenus in vitro, ne reflètent vraisemblablement pas la complexité des mécanismes impliqués dans les thromboses survenant dans un contexte inflammatoire et expliquant l’efficacité antithrombotique des anticoagulants oraux, AOD ou AVK.
Attention : ceci est un compte-rendu et/ou résumé des communications de congrès dont l’objectif est de fournir des informations sur l’état actuel de la recherche ; ainsi, les données présentées sont susceptibles de ne pas être validées par les autorités françaises et ne doivent donc pas être mises en pratique.
Ce compte-rendu a été réalisé sous la seule responsabilité du coordinateur, des auteurs et du directeur de la publication qui sont garants de l’objectivité de cette publication.

