Edition spéciale ISTH 2026
Annual congress of International Society on Thrombosis and Haemostasis
Du 11 au 15 juillet 2026, Paris
Avec le soutien institutionnel
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D’après la communication orale de S. Buet «Predicting VWF and FVIII Response to Desmopressin Using Mechanistic Approach Model in Mild Hemophilia A and Female Carriers » (OC 66.2) Congrès ISTH 2026, 11-15 Juillet, Paris
Adeline Pontis, Rennes
Ce travail, présentée par Sarah Buet, est le premier modèle pharmacocinétique/pharmacodynamique (PK/PD) de prédiction de la réponse à la desmopressine. En effet, cette dernière est le traitement de référence chez les patients atteints d’hémophilie A mineure et les femmes conductrices avec un taux de facteur VIII diminué. Cependant, il existe une forte variabilité de réponse inter-individuelle, rendant difficile la prédiction de son efficacité, et les mécanismes sous-jacents sont mal connus. De plus, aucune quantification directe des concentrations plasmatiques de DDAVP n’avait jusqu’ici été réalisée dans ces populations de patients, et aucun modèle pharmacocinétique/pharmacodynamique n’existait.
Il s’agissait d’une étude multicentrique, rétrospective, portant sur 72 patients : 48 hommes et 24 femmes, ayant des taux médians de facteur VIII de 26 % et 42 % respectivement et des taux de facteur Willebrand antigène normaux (99 % et 79 % respectivement). Ils ont reçu une injection de desmopressine de 0,2 à 0,4 µg/kg et les prélèvements ont été réalisés juste avant l’injection, puis de 30 minutes à 6 heures après l’injection, avec en moyenne 14 dosages par patient pour un total de 931 dosages pour l’ensemble de l’étude. La concentration plasmatique en desmopressine a été mesurée selon une méthode de LC-HRMS préalablement validée. Ces dosages ont permis de réaliser un modèle de PK/PD de population et la pharmacocinétique de la desmopressine a été modélisée selon un modèle à deux compartiments (Figure 1), avec un compartiment endothélial (représentant les corps de Weibel-Palade) et un compartiment plasmatique. L’interaction entre le facteur VIII et le facteur Willebrand a également été pris en compte.

Figure 1 : structure du modèle pharmacocinétique et pharmacodynamique de population basé sur des mécanismes de la DDAVP dans l’hémophilie A
Ce modèle de prédiction a été validé sur les données de population et individuelles. Il a également permis de mettre en évidence que certaines variables comme le poids, le groupe sanguin O, l’âge ou le sexe influençaient les taux de facteur VIII.
En simulant les valeurs de 50 000 individus via le modèle et en stratifiant les résultats selon le sexe et le poids, et avec les seuils de facteur VIII de 50 ou 80 %, les auteurs ont observé que les sujets les plus âgés auraient une réponse à la desmopressine plus longue que les plus jeunes.
De façon intéressante, la durée de l’augmentation des taux de facteur VIII chez les hommes était quasiment deux fois plus courte que chez les femmes (8 heures et 15 heures respectivement), ce qui peut s’expliquer par le fait que les femmes avaient des taux de facteur Willebrand plus élevés, prolongeant ainsi la demi-vie du facteur VIII.
Les auteurs valident ainsi ce premier modèle de prédiction de réponse à la desmopressine, permettant une approche thérapeutique individualisée pour chaque patient.
Attention : ceci est un compte-rendu et/ou résumé des communications de congrès dont l’objectif est de fournir des informations sur l’état actuel de la recherche ; ainsi, les données présentées sont susceptibles de ne pas être validées par les autorités françaises et ne doivent donc pas être mises en pratique.
Ce compte-rendu a été réalisé sous la seule responsabilité du coordinateur, des auteurs et du directeur de la publication qui sont garants de l’objectivité de cette publication.

