Edition spéciale ISTH 2026
Annual congress of International Society on Thrombosis and Haemostasis
Du 11 au 15 juillet 2026, Paris
Avec le soutien institutionnel
![]()
D’après la communication orale de G. Jourdi, Antiplatelet drug monitoring – when and how or not at all? different perspectives, progress and plans for related SSC project (SSC). Congrès ISTH 2026, 11-15 Juillet, Paris
Adeline Pontis, Rennes
Cette session du sous-comité de standardisation (SSC) « Platelets in health and disease » de l’ISTH a fait un état des lieux sur une question toujours débattue : quelle place accorder au monitoring biologique des traitements antiplaquettaires ?
Les données actuelles confirment que les tests de réactivité plaquettaire ne sont pas recommandés en routine chez les patients traités par agents antiplaquettaires, notamment chez les patients recevant du clopidogrel et/ou de l’acide acétylsalicylique. Leur utilisation peut néanmoins être envisagée dans des situations particulières : chez les patients à haut risque ischémique ou hémorragique ou encore lorsqu’une mauvaise observance thérapeutique est suspectée. Les tests de réactivité plaquettaire sous traitement présentent par ailleurs plusieurs limites, et notamment l’absence de méthode de référence standardisée et de seuils d’interprétation consensuels.
En cardiologie interventionnelle, la thrombose intra-stent est une complication grave. Cependant, plusieurs études (GRAVITAS, ARTTIC, ANTARTIC) n’ont objectivé aucun bénéfice à la recherche systématique d’une résistance aux antiplaquettaires. Les recommandations européennes et internationales, ne suggèrent donc leur utilisation que dans des situations ciblées (citées ci-dessus), ainsi que dans le contexte de thrombose intra-stent, sous réserve que la bonne observance au traitement ait été préalablement vérifiée. En effet, une mauvaise observance est la cause la plus communément retrouvée après thrombose intra-stent.
En neuroradiologie interventionnelle, où la pose de stents artériels, veineux et l’exclusion d’anévrysmes cérébraux, nécessitent généralement une bi-thérapie antiplaquettaire, cette question est d’un intérêt tout particulier. Le nombre de thromboses intra-stent précoces, aux graves conséquences cliniques, est en effet élevé (jusqu’à plus de 14 %). Certains centres adaptent donc leur stratégie thérapeutique en fonction d’une évaluation préalable systématique de la réponse biologique à la bi-antiagrégation plaquettaire. Mais l’absence de test de référence et de seuil d’interprétation validé, rendent les pratiques hétérogènes.
Enfin, le Pr Fontana a présenté des travaux sur l’utilisation de marqueurs solubles d’activation plaquettaire, qui montrent une faible, voire une absence de corrélation avec les tests fonctionnels plaquettaires.
Attention : ceci est un compte-rendu et/ou résumé des communications de congrès dont l’objectif est de fournir des informations sur l’état actuel de la recherche ; ainsi, les données présentées sont susceptibles de ne pas être validées par les autorités françaises et ne doivent donc pas être mises en pratique.
Ce compte-rendu a été réalisé sous la seule responsabilité du coordinateur, des auteurs et du directeur de la publication qui sont garants de l’objectivité de cette publication.

